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140 espèces cultivées + 100 variétés

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Derrière chaque vieille variété de pomme, de poire ou de légume oubliée se cache une histoire locale : celle d’un terroir, d’un savoir-faire paysan, et souvent d’une adaptation fine à un climat précis. À la pépinière, la sauvegarde de ces variétés anciennes n’est pas un supplément d’âme : c’est une part essentielle de notre travail.

Une biodiversité qui disparaît sans bruit

Au XIXe siècle, la France cultivait plusieurs milliers de variétés de pommes. Aujourd’hui, une poignée de variétés commerciales occupe l’essentiel des étals. Ce phénomène touche presque toutes les espèces fruitières et légumières : à chaque génération, des variétés locales disparaissent faute d’être multipliées, souvent avant même d’avoir été recensées.

Cette érosion n’est pas seulement patrimoniale. Chaque variété perdue emporte avec elle un patrimoine génétique unique — une résistance à une maladie, une tolérance au gel tardif, une capacité de conservation — qui ne se recrée pas une fois disparu.

Des variétés façonnées par notre altitude

Les vieilles variétés du Livradois et d’Auvergne n’ont pas été choisies au hasard par nos anciens : elles ont été sélectionnées, génération après génération, pour tenir dans un climat d’altitude — gel tardif, étés parfois secs, sols souvent pauvres et granitiques. Une variété commerciale moderne, sélectionnée pour la plaine, n’a jamais eu à faire ses preuves dans ces conditions.

Replanter ces variétés locales, c’est donc aussi planter des arbres mieux armés pour votre terrain, sans intrant supplémentaire.

Notre travail de récolte et de sélection

Une partie de nos graines et de nos greffons provient de récoltes que nous effectuons nous-mêmes, en milieu naturel ou auprès de particuliers, sur des sujets repérés pour leur qualité, leur vigueur ou simplement leur rareté. Ce travail suppose de bien identifier la variété, d’observer l’arbre porteur sur plusieurs saisons, puis de multiplier avec soin — semis, greffe ou bouturage selon les espèces — pour que le patrimoine génétique se transmette sans dérive.

C’est un travail lent, à l’opposé de la production de masse, mais c’est le seul qui garantisse une variété réellement adaptée à votre coin de Livradois.

Les Croqueurs de pommes et le CEN Auvergne : des alliés de la sauvegarde

Nous ne menons pas ce travail seuls. Les Croqueurs de pommes, association nationale de sauvegarde du patrimoine fruitier, recensent, dupliquent et font connaître des milliers de variétés anciennes à travers leurs vergers conservatoires et leurs fêtes de la pomme. Le CEN Auvergne (Conservatoire des Espaces Naturels), de son côté, œuvre à la préservation des milieux naturels et des paysages qui abritent une partie de cette biodiversité fruitière et végétale — vergers de haute tige, haies bocagères, prairies permanentes.

Ces réseaux nous permettent d’échanger des greffons, de confirmer l’identification de variétés incertaines, et de contribuer à un effort de sauvegarde qui dépasse largement l’échelle d’une seule pépinière.

Comment agir à votre échelle

Sauvegarder une vieille variété, c’est transmettre un peu de ce que le Livradois a mis des générations à construire. Chaque arbre planté y contribue.

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